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Interview du Point : 27 juin 2007

27 juin 2007
Interview exclusive de Me Karim Achoui réalisée le 26 juin à l’Hôpital Georges Pompidou (15e).

 Il était 22 heures, je me dirigeais vers mon véhicule.  J’ai vu un homme arriver vers moi ; il s’est approché, il avait son casque et une veste en cuir ; il commençait à faire nuit, j’ai trouvé son comportement étrange ; je l’ai vu mettre sa main dans sa veste et je me suis mis à courir. Une balle est allée se loger dans la vitrine du magasin Renault ; j’ai reçu une première balle puis une seconde et je suis tombé à l’angle de la rue de Varennes. Une belle rue pour mourir. J’ai été pris en charge très rapidement par les services de police.

Que pensez-vous des commentaires autour de cette affaire ?

Scandaleux. Une phrase revient toujours : l’ami du milieu. Si j’étais l’ami du milieu, on ne me toucherait pas. Un juge des enfants poignardé, c’est la justice qui ne fonctionne pas ; la mère d’un accusé condamné à perpétuité qui demande une révision et qui décide ne pas attendre le résultat, c’est la justice qui ne fonctionne pas ; et quand on tire deux balles sur un avocat qui sort de son cabinet, pas sur une personne qui tient une boîte de nuit ou un établissement de jeu, ça devient un proche du milieu…

Vous avez dans votre cabinet des dossiers sur des personnes à la réputation sulfureuse ?

Vous savez, il n’existe plus à Paris qu’une vingtaine de cabinets pénalistes qui tiennent la route. Ils sont l’objet d’une trentaine d’agressions verbales par an. Mais quand je lis que l’on m’a fait monter de force dans des voitures pour récupérer de l’argent, je trouve ça encore plus scandaleux.


Cela ne s’est jamais produit ?

Non, je peux avoir des contentieux d’honoraires, mais je n’ai jamais été séquestré.


On a beaucoup écrit sur votre réussite qualifiée d’insolente, sur vos origines modestes… ?

C’est un faux problème. Le point de départ ne doit pas constituer la référence. A trente-trois ans, j’avais une clientèle digne d’un pénaliste de quarante ans. Que je sois parti de zéro ou que je sois fils de juriste, d’avocat ou de magistrat ne change rien. Le parcours est individuel, on ne peut compter que sur soi. Cette polémique vient de mon ancien associé qui explique que je suis le fils d’un brasseur de haut niveau. Je trouve ça scandaleux.

Pourquoi êtes-vous devenu avocat ?

Le hasard. J’ai fait médecine en même temps, et j’ai choisi d’être avocat…


Vous savez qui a tiré ?

Oui.

Qui est-ce ?

Vous le saurez avant la fin de la semaine.

Vous saviez que votre vie était menacée ?

Oui. On avait écrit à monsieur Marin, procureur de la République. Il a eu le dossier entre les mains en personne ; il l’a transmis à son numéro 2. Nous avons également écrit au secrétaire de l’Ordre des avocats. Nous leur avons indiqué que ma vie était en danger à cause de telle, telle et telle personne. Monsieur Marin a dit prendre l’affaire très au sérieux. Et voilà…

Vous avez le sentiment qu’on n’a pas pris ces menaces au sérieux ?

Je ne sais pas, il faut interroger monsieur Marin, il vous confirmera qu’il a un dossier extrêmement sensible dans son bureau depuis plus de quinze jours. Si ce n’est pas le cas, mes avocats vous fourniront les pièces tamponnées, horodatées d’il y a quinze jours, trois semaines…
Je me suis adressé au sommet de la hiérarchie judiciaire et aux représentants de l’autorité de ma profession. Que faire de plus ? Vous êtes menacé de mort, vous écrivez à votre avocat, au procureur que telle personne à la suite de tel événement vous menace, et il ne se passe rien, on vous tire dessus. Monsieur Marin aurait dû me recevoir et diligenter une enquête sur les commanditaires.

Selon certains « experts » cités dans la presse, les tireurs étaient des amateurs, sinon vous ne seriez plus là ; qu’en pensez-vous ?

Ce sont des amateurs quand ils échouent. Quand ils réussissent, ce sont des professionnels… J’ai dans mes dossiers des assassinats en plein Paris, de jour ou de nuit, commis par des amateurs, qui ont réussi. Vous savez, tuer en bas de son bureau un homme sans défense ne relève pas du plus grand héroïsme.  

Donc, selon vous, il s’agit d’une menace mise à exécution ?

Oui.

Vous avez été entendu par la police ?

Oui, pendant plusieurs heures. Le chef de groupe de la Crim’, en charge de mon dossier, m’a dit qu’il allait traiter mon dossier avec objectivité. J’ai été étonné. Je lui ai juste demandé de faire son travail.


Et demain ?

Je remonte en selle, je remets la robe d’artiste et c’est reparti. J’ai pris du retard…

Comment vous sentez-vous ?
 
Ça va…

Vous souvenez-vous de ce qui s’est passé ?

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